Monday, November 20, 2006

Uprooted Sunshine : mieux que les mots, les images !!!

Parce que je vous en parle, parce que des gens en parlent, parce que peut-être, bientôt, si tout se passe bien tout le monde en parlera - Ardisson si tu nous regardes... - il est temps de vous montrer quand même en images qui sont ceux qui forment le Uprooted Sunshine, sans doute la meilleure formation reggae/dub/dancehall/roots/rock/reggae - et la boucle est bouclée ^^ - de Shanghai City, right here, right now !

Let me introduce them to you ! L'ordre est totalement aléatoire bien sûr ^^
Enjoy people, this ya pics session is fi ya !
Jah Bless all da people who support us !!! _________________________________________________

Selecta Deville, Switzerland - L'homme qui se gave, quoi qu'il mixe, avec qui je fais le gros set dancehall et qui me permet de placer quelques-uns de mes textes live ! Une crème de Dj, sensitive touch and nuff a ruff sounds !!! Lord Deville pour les intimes !!! ^^ Bless Selecta Deville !

Selecta I, Canada - Le maître de la bonne grosse dub electro qui fait plaisir par où elle passe. Basses lourdes, vibrations électroniques, selection solide... Je tente quelques délires à la Horace Andy avec lui et c'est toujours un grand moment de plaisir. Bless Selecta I !

Selecta Don Dada, France - La gars avec qui j'ai le plus trippé en découvrant sa collection de tunes. Que de l'original roots reggae comme j'aime ! Rien que du bon, du gros, du roots et dans le pur esprit jamaicain! Wicked man !!! I&I luv ya sounds !!! Bless Selecta Don Dada !

Selecta Yo (a.k.a. Yoneral K), France - Un des premiers que j'ai rencontré lors de mon tout premier séjour à Shanghai - avec Dj I et Gaz, reparti en UK, alas ! - et qui m'a permis de faire de la musique ici. Le pionnier du reggae à Shanghai, il est là, c'est lui ! Il se dit le plus mauvais Dj de Shanghai, moi je sais qu'il est le worst-of-the-best, et ça ça change tout ! Bless Selecta Yo !!

Selecta Yas, Japan - Un excellent dj roots reggae and dub qui nous accompagne pour les soirées One Love! Tout le monde sait que le reggae marche bien au Japon et que les japonais en sont même d'excellents praticiens! Selecta Yas plays it good too ! Un élément solide qui complète le panel vaste des Dj's du crew. Bless Selecta Yas !

And last-but-not-least MC Didje (a.k.a. Didjelirium), Tahiti via France - Je ne vais pas non plus m'amuser à me décrire quand même ! J'ai assez de trips mégalo-schyzophrènoïdals (-noïdaux ?) sans en rajouter en plus ici. Moi je chante, je suis ce que mes potes Dj's passent, je chauffe les gens. Je parle toujours trop... Là ça sert, et ça plaît ! ^^ Bless me tambien !

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Et voila le tour est fait! Vous connaissez maintenant la tête des membres de cet excellent jammin-bouncin-lovin crew que l'on a monté ici : Uprooted Sunshine!!! Vous le verrez ici en action quand vous viendrez me voir j'espère ! En attendant, j'essaierai de récupérer quelques vidéos ou sons de nos soirées. Peut-être un mix live bientôt.... ^^ Jah Bless !!!!

Soon the new logo for our crew ! ^^

Pics Session !!!! ^^

Allez va ! Comme je me sens d'humeur philanthrope, que j'ai accès au Net, à mon blog, que j'ai des photos stockeés sur le disque, que je sais que certains d'entre vous n'aiment pas lire mes (trop) longs articles .... ;)
Je vous fais un cadeau cette fois : de la photos, rien que de la photo...et peut-être une phrase ou deux pour expliquer parfois ^^
Its Picta Time !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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Au resto...
Deejays Time...


Des trips visuels...

Des choses étranges...



Des endroits insolites...


Sunday, November 19, 2006

Shanghai Mysteries

Et bien non, vous ne rêvez pas, vous êtes bien en train de lire un nouveau post sur mon blog.... Et oui, tout est possible ! Alors je sais, depuis mon bilan du premier moi à Shanghai, je n'ai pas écrit, mais il ne faudrait pas prendre ça pour du contentement ou du simple laisser-aller maintenant que je commence à peu près à être bien installé dans ma vie. Non, non, non. Loin de là. En fait, cette longue absence inadmissible sur mon blog est due à plusieurs causes. Les voici :
- 1) Je suis toujours en Chine. Je sais, cette raison peut étonner le plus néophyte d'entre vous mais bon, c'est une raison valable, étant donné tout ce qu'elle implique. Je ne vous cache pas que je n'ai pas vu mon blog depuis plus de 15 jours maintenant, et je ne sais même pas quelle gueule il a. C'est pas évident pour mettre des photos et présenter le truc un peu bien, mais bon... On fait avec. Je peux toujours accéder à Blogger de temps en temps, alors je remplis mon blog à l'aveuglette, en quelque sorte.
- 2) Je suis toujours en plein squat. D'appartement d'abord, puisque j'attends désespérément que ma chérie vienne enfin me rejoindre pour qu'on prenne notre appart ensemble - et j'ai hâte ! Ensuite, avec Ai Li, nous squattons toujours une connexion internet wifi qui traîne quelque part entre les immeubles et qui passe par le 26è étage. Le problème étant que nous ne pouvons ni relancer la connexion quand elle est coupée, ni même paramétrer un peu le truc pour avoir une meilleure bande passante... Donc parfois, pas internet, pas de blog... C'est ainsi.
- 3) Les choses commencent à bien se compiler pour moi ici, les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas, les soirées s'enchaînent et s'apprécient toujours autant. Et tout ça prend du temps, bien sûr. J'ai donc des tas de choses à vous raconter, des photos à vous montrer, des gens à vous décrire, des situations à vous expliquer, des éléments profondément chinois à vous faire comprendre... Bref, cette longue absence ne rajoute que plus de force à ces Shanghai Mysteries.
En tant qu'artiste, ma semaine est toujours relativement indéfinie, avec quelques repères fixes histoire de se donner l'illusion d'une régularité. Je ne suis pas encore un artiste surbooké, ne vous méprenez pas, mais je commence toutefois à traîner par-ci par-là parce que des gens veulent me voir pour discuter ou me faire participer à quelques évènements. Souvent donc, le Lundi et le Mardi sont des jours un peu bâtards pour moi, ils peuvent servir à tout. Ils servent majoritairement aux rencontres professionnelles : en début de semaine, on organise les soirées et les activités qui animeront nos vies jusqu'au week-end. Ils servent aussi au repos, aux visites, aux promenades - même si je me réserve le Dimanche à cet effet, pour être seul avec moi-même et profiter d'un poil de solitude dans cette ville surpeuplée.
A partir du mercredi, les choses s'accélèrent. Mercredi soir, c'est la soirée Freaklub au LOgO (attention à la typo, on l'écrit comme ça maintenant qu'on a changé le logo du LOgO ^^). Depuis que j'ai joué à la première, je suis un régulier du mercredi, comme beaucoup de gens, et le fait d'avoir bien sympathisé avec Sebastian - a.k.a. Dj Tootekool - fait que c'est toujours avec un immense plaisir que je les rejoints à leur soirée. Après moi, il y a eu, comme guest, Hassan et sa guitare, puis JQ et sa trompette. La semaine prochaine, un chanteur chinois ? Why not... Le mercredi, dans tous les cas, c'est de la bonne Minimal Electro plein les oreilles toute la nuit, et ça ça fait plaisir !
Le jeudi, bien évidemment, voit les difficultés relatives à l'espace temps commencer. Peu de sommeil, bouche pâteuse, pupilles en pleine introspection... C'est là où il faut être fort, parce que ce n'est que Jeudi, et il reste quelques jours de festivités avant un peu de repos. Surtout que le jeudi soir est quand même une soirée de pré-week-end. Petite visite dans d'autres clubs, tour de salutations dans les soirées organisées pas d'autres potes, verre au LOgO par pure habitude, restaurant en grand nombre histoire de se retrouver et de parler de tout et de rien - comme j'adore parler de rien, ça me va ^^
Si le jeudi passe souvent en douceur, malgré tout, il n'en reste pas moins la veille du Vendredi, jour désormais connu à Shanghai comme le soir des One Love party organisées par le Uprooted Sunshine crew, désormais membre officiel de la scène musicale de la ville. Notre weekly se déroule pas mal. On a même fait la plus grosse soirée du LOgO la semaine dernière pour la première One Love. On change la déco, on change les lumières, on déplace les fauteuils et la disposition du lieu, on a des poupées rastas dansantes, des panneaux qu'on a fait avec les flyers de la soirée... Bref, on passe du temps à préparer la soirée, et c'est pourquoi mon vendredi est bien occupé, puisque je suis en général à partir de 16h ou 17h au LOgO histoire de monter tous les trucs. Si encore on pouvait compter sur l'aide du staff chinois du bar, ça irait plus vite, mais bon... Je vous parlerai plus tard du travail in the Chinese way style, parce que ça vaut le coup quand même.
A 21h, la soirée commence, avec quasiment personne parce qu'il est grave tôt et que personne ne sort à cette heure-là, sauf les chinois qui ont déjà fini de manger depuis longtemps, et les potes qui nous soutiennent. Parmi eux, en tête de file, Sebastian qui arrive toujours le premier à 21h pile - alors qu'il part souvent très très tard. J'apprécie d'autant plus son soutien qu'il faut savoir une chose : Dj Tootekool n'aime pas le reggae ! Et il passe tous les vendredis avec nous, toute la nuit, à écouter le meilleur de ce que donne le reggae, le dub, le dancehall, le rocksteady, le ska, etc.... On se soutient mutuellement. Je suis à toutes les Freaklub's, il est à toutes les One Love's : c'est une entente mutuelle inter-artiste, en quelque sorte. ^^
Lorsque la soirée se termine, il est souvent très tard - ou très tôt, selon l'angle de vue - et c'est bien fatigué que je rentre savourer ma matinée du samedi, au lit. L'après-midi, de nouveau, c'est de l'organisation : quelle soirée il y a ce soir, à quel endroit, qui la fait, combien, etc, etc. Il y a toujours quelque chose à faire à Shanghai, et le samedi soir encore plus, comme partout dans le monde. Depuis la Saturday Night Fever, on n'en sortira jamais ! Le samedi, internationalement - et pour ceux qui le peuvent, bien sûr, je ne rentre pas dans ce débat-là - c'est jour de fête. Alors ça change, tous les samedis. Le seul point fixe est l'after-party du LOgO, à partir de 2h du mat, pour les plus volontaires et les plus clubbers d'entre nous. Moi je ne le suis pas, bien entendu, mais le LOgO c'est ma deuxième maison, alors bon... J'y vais de temps en temps, si je ne suis pas déjà parti pour d'autres concerts ou soirées. Et la nuit continue, au rythme intense de la musique et de la vie à Shanghai, amenant calmement le Dimanche.
Dimanche, dimanche... C'est mon jour à moi. Je ne vois personne, je réponds moins au téléphone, personne ne sait où je suis : c'est mon jour réservé pour la détente et la découverte. Je visite des coins où je ne vais jamais, je fais des repérages de restos et d'endroits sympas à découvrir, je me ballade tranquillement. Je me suis fait un dimanche entièrement consacré à la découverte des lignes de métro chinois. Je me suis fait les 5 lignes d'un bout à l'autre, juste pour voir où ça allait. Et c'était super intéressant. C'est ça mon Dimanche, une rupture avec toute ma semaine, un moment pour moi et moi seul, au prise avec les Shanghai Mysteries. Histoire de me retrouver, de profiter d'un peu de solitude... Bref, mon côté écrivain qui a besoin de vivre ici, lui aussi. Et non ! C'est pas facile facile d'être artistiquement schyzophrène ! ^^
Ainsi passe mes semaines. Alors bien sûr, vu tout le temps que j'ai à rattraper pour que mon blog soit véritablement à jour, je ne peux pas être exhaustif ici. Je rate énormément de détails croustillants, de rencontres délirantes, de lieux bizarres, de propos incohérents, de situations étranges, d'actions incompréhensibles et j'en passe et des meilleurs. Bref, je promets d'essayer d'affronter le système chinois et de tenter coûte que coûte de poster régulièrement des nouvelles, comme je l'ai fait ce premier mois en Chine, parce que, comme dit mon pote Lo du Réal, vous le valez bien ! ^^
J'indique ici, pour votre information et pour ceux qui ne l'auraient pas encore eu, un lien intéressant à mettre de suite dans vos favoris : SmartShanghai.com sur lequel vous trouverez toute la vie culturelle actuelle et en temps réel de Shanghai, ainsi que le lien vers le Forum du site, que je vous conseille de visiter régulièrement, surtout ceux d'entre vous qui compte venir faire un tour par ici, comme ça vous saurez toutes les soirées et activités et expo intéressantes qui se passent en ce moment. De plus, je vous invite à aller voir les threads One Love et Shanghai by Bus (vous pouvez faire une recherche si vous êtes feignants) qui vous donneront une idée des soirées que l'Uprooted Sunshine crew organise ici, et vous pourrez également voir des photos de nos soirées, on line, directement ! Et oui, c'est fort la technologie. ^^
A très bientôt mes amis, dès que je peux, vous vous doutez bien que j'ai des tas et des tas dechoses à vous raconter, sans compter les photos que je dois mettre en ligne. Mais ça prend du temps et de l'internet tout ça, et je n'en dispose pas toujours à volonté ici, pour d'obscures raisons. Shanghai Mysteries, once and again....

Saturday, November 04, 2006

Premier mois à Shanghai !

Et voila… Je fête mon premier mois en Chine. Il fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre : après tout, comme disait mista Bob Marley : « nuff a dem can’t stop the time » et il était inéluctable que je finisse par passer un mois en Chine. C’est chose faite.
Alors je vais prendre quelques minutes, avec vous, pour faire le point sur ce premier mois dans l’Empire du Milieu, juste histoire de voir d’où je viens, où j’en suis et vers quoi je me dirige. Il paraît que ce sont les trois principales questions qui occupent toute notre existence… Moi je n’en suis pas certain, en tout cas, j’en ai bien d’autres qui me turlupinent, du genre « C’est quoi ces fruits qui flottent dans mon lait au soja ? » ou bien « Si je crache du 30è étage et que je prends l’ascenseur, est-ce que j’ai le temps d’arriver en bas avant mon crachat pour le récupérer – en supposant que je ne fasse aucun arrêt entre temps ? » ou encore « Pourquoi les coiffeurs chinois ont des coupes ridicules alors que c’est censé être leur boulot ? ». Bref, les questions existentielles, en Chine, il y en a une qui vous secoue l’esprit toutes les cinq minutes, et si jamais vous prenez le temps d’analyser les tenants et les aboutissants de chacune d’elles, vous ne vivez plus : vous flottez dans l’espace-temps.
Alors non, rassurez-vous, je ne vais pas profiter de l’anniversaire de mon premier mois en Chine pour vous faire un résumé des épisodes précédents – encore que ce serait marrant d’essayer, et même que j’y prendrais sans doute du plaisir – mais je vais simplement vous donner mes impressions du moment.
Shanghai est une ville folle. Totalement. Pas un petit peu folle, pas dangereusement folle – genre Le Village – non non non… C’est une ville totalement folle parce qu’elle ne s’arrête jamais. Ca je vous l’ai déjà dit, certes, mais après un mois passé ici, j’en suis absolument convaincu : cette ville ne dort jamais. D’accord, le fait est qu’il y a moins de gens dans les rues vers deux ou trois heures du matin qu’à cinq heures ou plus tard. Pourtant, les rues ne sont jamais totalement vides : il y a toujours un chinois quelque part, et ce qui est vrai pour les trains l’est également pour eux : « Attention ! Un chinois peut en cacher un autre ! ». Ils sont partout, à toute heure – ce qui est pratique quand on attend le taxi – et ils sont toujours en train de faire quelque chose. Je me rappelle les rues de Juan, en pleine nuit, et même celles de Nice, quand on rentre du vieux : le désert urbain dans toute sa splendeur. On suppose que, quelque part, dans ces petits immeubles bien alignés, derrière ces fenêtres éteintes, l’intelligentsia octogénaire qui dirige le coin dort paisiblement, insouciante, n’imaginant même pas que des gens puissent s’y promener en cette heure nocturne. Et s’ils s’en aperçoivent, ils appellent illico la police, parce que c’est illégal, non mais, d’être un jeune qui déambule à 3h du matin dans une rue vide de population. Comment survivraient-ils, ici, ces vieux occidentaux ?
Ici, pas de racaille dans les rues ou en bas des immeubles. Pas de casquette-jogging-ouech-ouech pour un z’y va t’as pas une garro ? Ici, ce sont les vieux chinois qui tiennent les blocs. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, il y a un groupe de vieux chinois tranquillement installé, sur des marches, près des installations pour les exercices physiques, au bord de la rue. Et ils attendent. Et ils discutent. Et ils saluent les laowai comme moi qui passent, passablement ivres ou tendant à l’être, et qui leur répondent chaleureusement. C’est tellement plus sympa. Tout ce que vous avez à craindre, c’est que l’un d’eux, pour déconner, vous fasse un croche-pied avec sa canne. Rien de plus !
Shanghai est une ville folle. Intensément. Ici, ce qui est le plus vivifiant, c’est de sentir que l’on fait vraiment partie de quelque chose, d’un mouvement presque perpétuel – mais ça n’existe pas ^^ – et qu’on participe à quelque chose d’unique. Alors certes, ce mouvement doit certainement être moins impressionnant qu’il y a 10 ou 20 ans, mais tout de même… Dans cette ville, on se sent exister. Cette sensation se manifeste par la fatigue, le stress, l’alcool, les lumières, la foule, les taxis, les panneaux, la musique, la pollution, le bruit, le bordel permanent… Mais on existe, p**ain, on existe ! Jamais je ne me suis autant senti vivre quelque part. A Juan, je survivais, gagnant à peine mon nécessaire pour ne pas mourir de faim tout de suite et pour tenir jusqu’à la fin du mois, en hésitant entre serrer la ceinture à la taille ou au cou. Un boulot qui m’insupportait de plus en plus, des gens à l’esprit si étroit qu’ils se pensaient à peine eux-mêmes, une ambiance bling-bling vas-y qu’je montre ma thune à tous vents… Et l’immobilité. Cette immobilité pénible que la vie elle-même n’autorise pas. Cette absence de changement terrible qui vous oppresse quotidiennement, entre la recherche d’un job et la quête de sous, remise en route jour après jour, comme un supplice mythique. Le supplice de la French Riviera ! Voilà un mythe moderne que l’on pourrait imaginer. D’innombrables gens qui poussent des rochers en haut d’une montagne pour les faire tomber sur des gens qui cherchent à manger une pomme ou boire l’eau que d’autres personnes versent dans un tonneau sans fond, tandis que des rapaces leur bouffent les entrailles… C’est ça la French Riviera.
Et je suis désolé de peindre un tel tableau, surtout pour ceux qui y habitent en ce moment, mais lorsqu’on en part – surtout pour venir dans une ville comme Shanghai – ce sont des tonnes et des tonnes de chaînes que vous laissez derrière vous, et vous vous sentez plus léger que jamais. C’est vivifiant, c’est régénérant et c’était nécessaire pour moi.
Alors non, comme vous aurez pu le comprendre, je ne regrette pas ce mois passé ici en Chine, pour le moment, pas plus que je ne regrette d’avoir quitté ma vie française pour vivre ici : j’attends avec une impatience non dissimulée que ma chérie vienne me rejoindre, mais à part ça, comme dirait l’Autre, « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Alors je sais, beaucoup me diront que la Chine est loin d’être ce meilleur des mondes possibles, et ils auront raison de le dire : pas de fromage, pas de vin rouge de qualité et encore moins de bon pain tout chaud qui croustille dans la bouche… C’est sûr ! Ah bon ? Comment ? Vous pensiez plutôt au problème de la démocratie ? La censure ? Le socialisme qui se noie dans le communisme, lui-même baigné dans une mer capitaliste ? La liberté d’expression ? La dure vie des chinois dont le rythme de vie tuerait le moindre français, s’il devait s’y plier à la lettre ? Oui, oui. Bien sûr, ça aussi c’est dur. Mais je n’ai jamais dit qu’il était bon d’être un chinois en Chine – ce n’est pas pour rien qu’ils sont contents d’arriver en France, terre d’asile et de Zidane. Je dis juste que c’est bien d’être un occidental en Chine. Bref, on ne sortira jamais du fameux dicton : « l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin ».
Pour moi, à ce point de ma vie ici, je suis bien. Les soirées commencent à bien s’organiser et je commence à être booké pour jouer du didje par-ci par-là. La soirée Freaklub du 1er Novembre s’est super bien passée – d’autres dj’s présents sont venus me voir pour me demander si je voudrais essayer de faire un peu de zik avec eux. Je joue ce soir (Vendredi) pour le Grand Opening d’un nouveau club – le La La Land … lol … – et j’ai déjà des dates pour la mi-novembre et après sans doute. Un des agents que j’ai rencontré et à qui j’ai envoyé des tracks m’a envoyé, texto et par texto : « I go on tour, when i come back, we really need to talk ! » alors oui, je suis content, je me sens bien. D’abord d’être connu – mais ça c’était déjà un fait plus qu’un dessein ^^ – mais surtout de commencer à être reconnu – et ça, en tant qu’artiste, c’est quand même une des grandes préoccupations. Enfin, après toutes ces années d’errance artistique en sol français, où les idées sont tolérées – à peine – mais jamais retenues, enfin, j’y arrive : je fais ce que j’aime. J’écris toujours mes articles – et je prends mon blog en compte dans ceux-ci – je fais de la musique comme j’aime en faire, je rencontre un tas d’artistes en tous genres, intéressants et passionnés… comme j’aime. Bref, qu’on me donne une bonne raison de partir d’ici dans l’immédiat, parce que j’ai beau en chercher je n’en vois pas une seule.
Bientôt, très bientôt, l’amour de ma vie sera de nouveau avec moi, on aura un beau petit appart – ou peut-être même pas petit d’ailleurs – et vous pourrez venir nous voir, vous aussi, mes amis, et profitez un peu de ce bol d’air paradoxal : incroyablement frais et tellement pollué ! Et vous verrez, par vous-mêmes, l’espace d’un instant, Shanghai, cette ville folle, si folle que je fête mon premier mois en son sein alors que j’ai l’impression d’être arrivé hier…
---> Ne vous inquiétez pas, il y aura quelques photos pour illustrer ce loooooooooong article ! Chaque chose en son temps. Et puis, je suis au pays de la censure moi ! C'est pas si facile que ça de poster des articles en temps et en heure ! ^^