Enfin, après cet hiver froid, humide et grisailleux, la bonté divine nous touche enfin, nous aussi, à Shanghai et nous offre nos premiers jours de beau temps. Et ça fait du bien... Alleluia !!! Comme toute les villes, Shanghai est sujette à bien des modifications lorsque le soleil et la chaleur commencent à s'y installer. Les sens, déjà en excitation permanente depuis l'arrivée sur le territoire, sont titillés par de nouvelles sensations, jusqu'à présent latentes, endormies par le froid, emmitouflées dans le manteau grisailleux de cette ville. Avec la venue du soleil, c'est toute la ville qui s'agite à nouveau, comme u
n lézard géant au sang froid enfin réchauffé. Il y a plus de monde dans les rues - ce qui augmente considérablement les temps de circulations, pédestre ou taxique. Le soleil appelle à la marche et les chinois ne font pas exception à la règle : ils aiment se promener lorsqu'il fait beau ! Les multiples activités qui agitaient déjà les rues semblent s'emballer également, grossir à vue d'oeil, comme une tumeur éclair, pour vous laisser surpris et essoufflé.
n lézard géant au sang froid enfin réchauffé. Il y a plus de monde dans les rues - ce qui augmente considérablement les temps de circulations, pédestre ou taxique. Le soleil appelle à la marche et les chinois ne font pas exception à la règle : ils aiment se promener lorsqu'il fait beau ! Les multiples activités qui agitaient déjà les rues semblent s'emballer également, grossir à vue d'oeil, comme une tumeur éclair, pour vous laisser surpris et essoufflé. Pour ceux qui n'y sont pas habitués, le changement est rude, pour sûr ! Une ville de vingt millions d'habitants, lorsqu'elle commence à se
réveiller, ça fait un sacré bordel ! Les cuisiniers de rue ont pris d'assauts tous les carrefours, les vendeurs ambulants se sont multipliés, le linge pend plus que jamais à tous les fils disponibles... A l'aube de mon premier été à Shanghai, j'apprécie déjà ce ronflement gigantesque que seule cette ville peut offrir. Les odeurs changent aussi, l'odeur des rues de Shanghai. Cette odeur si particulière que ce fut la première chose à me frapper lorsque je suis revenu m'installer ici. Dès que le chemin depuis Pudong est presque terminé et que Shanghai se découvre, une multitude d'odeurs se précipite à vos narines. Ce concentré est l'essence même des rues de Shanghai, et il tend également à se renforcer avec l'été. Mais c'est tellement bon ! 
C'est un voyage olfactif permanent. Les brochettes qui grillent, les baozi qui transpirent, le pop-corn qui explose - je vais vous mettre une vidéo pour que vous voyez comment on fait le pop-corn ici, dans la rue, à l'ancienne, comme Dj Abdel !!! ^^ - les fruits qui bronzent, le linge qui s'étend, les gens qui vivent, le thé qui infuse, le vent chaud qui commence à souffler, les parfums qui décorent les chinoises coquettes... la ville de Shanghai est semblable à toutes les villes : c'est un organisme vivant. Mais Shanghai est un dinosaure, une chimère colossale qui s'auto-suffit et crée son
propre écosystème. Et l'été naissant est en train de réveiller la bête ! Lorsqu'il battra son plein, et que la chaleur sera trop intense, il replongera dans cette béatitude et cette langueur presque semblables à l'hiver. Mais pour le moment, l'homme s'affirme plus que jamais comme un animal : le soleil brille, l'atmosphère se réchauffe... les gens sortent de leur hibernation et quittent leur grotte. La vie dans la rue prend tout son sens.
Qu'il est bon, alors, de se déplacer en taxi, fenêtres et yeux grands ouverts, narines à l'affût, oreilles sur la défensive. L'air est chaud et balaie mon visage d'une caresse amicale. La nuit viendr
a encore trop tôt mais le jour gagne du terrain, inexorablement. Et la ville s'embellit. Rien d'étonnant, comme le dit la chanson : "La misère est moins pénible au soleil !". Certes, les mendiants semblent également fleurir - en proportion cependant moindre qu'en France - mais les rues se parent de ce masque lumineux qui réchauffe le coeur. Avec cette luminosité, même le laid devient séduisant. Les jeux d'ombres fournissent un théâtre permanent ; sortir de l'ombre monumentale d'un building donne lieu à un éblouissement total, dès que l'on se
retrouve noyé de soleil.
Je lève la tête et ferme les yeux : je respire, tentant d'identifier les multiples odeurs qui me saisissent. Je n'y arrive pas. Si Proust avait vécu à Shanghai, il serait devenu fou car la ville est pleine de madeleines. Ici, l'odeur du feu de bois me rappelle l'ambiance estivale des grillades et barbecues sur les plages du Sud. Là, l'odeur de nourriture en train de griller dans les woks me rappelle que je suis en Chine. Alors bien sûr, toutes ces bonnes choses, selon l'ordre inéluctable de la société humaine, finissent en excréments et détritus divers, eux-mêmes odorants.
Et la chaleur ne fait pas de sélection : elle amplifie toutes les odeurs, toutes !
Donc c'est vrai, l'odeur nauséabonde des ordures est parfois gênante, les fruits et légumes qui dorent au soleil projettent des effluves qui peuvent soulever le coeur, sans compter le tofu-qui-pue qui frétille, les canards laqués pendus en vitrine, les poissoneries à l'air libre, les lavandières qui frottent leur linge au milieu des gens et des voitures. Shanghai, c'est une activité non stop, à tous les niveaux, et il s'opère une synesthésie des plus étonnantes dès que l'on met un pied dehors. Et moi ça me donne envie de prendre des photos !
Alors voilà, le soleil brille, les oiseaux chantent -
dans certains endroits - et la température clémente redonne à Shanghai ce côté plaisant et agréable, au quotidien. Il suffit alors de connaître les bons coins, la petite rue où aller, le café avec terrasse où squatter, le parc où errer. Et il est impossible, à ce moment-là, de ne pas aimer Shanghai - ou alors c'est qu'on n'aime pas la Chine ! Mais ça, c'est un autre problème...
réveiller, ça fait un sacré bordel ! Les cuisiniers de rue ont pris d'assauts tous les carrefours, les vendeurs ambulants se sont multipliés, le linge pend plus que jamais à tous les fils disponibles... A l'aube de mon premier été à Shanghai, j'apprécie déjà ce ronflement gigantesque que seule cette ville peut offrir. Les odeurs changent aussi, l'odeur des rues de Shanghai. Cette odeur si particulière que ce fut la première chose à me frapper lorsque je suis revenu m'installer ici. Dès que le chemin depuis Pudong est presque terminé et que Shanghai se découvre, une multitude d'odeurs se précipite à vos narines. Ce concentré est l'essence même des rues de Shanghai, et il tend également à se renforcer avec l'été. Mais c'est tellement bon ! 
C'est un voyage olfactif permanent. Les brochettes qui grillent, les baozi qui transpirent, le pop-corn qui explose - je vais vous mettre une vidéo pour que vous voyez comment on fait le pop-corn ici, dans la rue, à l'ancienne, comme Dj Abdel !!! ^^ - les fruits qui bronzent, le linge qui s'étend, les gens qui vivent, le thé qui infuse, le vent chaud qui commence à souffler, les parfums qui décorent les chinoises coquettes... la ville de Shanghai est semblable à toutes les villes : c'est un organisme vivant. Mais Shanghai est un dinosaure, une chimère colossale qui s'auto-suffit et crée son
propre écosystème. Et l'été naissant est en train de réveiller la bête ! Lorsqu'il battra son plein, et que la chaleur sera trop intense, il replongera dans cette béatitude et cette langueur presque semblables à l'hiver. Mais pour le moment, l'homme s'affirme plus que jamais comme un animal : le soleil brille, l'atmosphère se réchauffe... les gens sortent de leur hibernation et quittent leur grotte. La vie dans la rue prend tout son sens.Qu'il est bon, alors, de se déplacer en taxi, fenêtres et yeux grands ouverts, narines à l'affût, oreilles sur la défensive. L'air est chaud et balaie mon visage d'une caresse amicale. La nuit viendr
a encore trop tôt mais le jour gagne du terrain, inexorablement. Et la ville s'embellit. Rien d'étonnant, comme le dit la chanson : "La misère est moins pénible au soleil !". Certes, les mendiants semblent également fleurir - en proportion cependant moindre qu'en France - mais les rues se parent de ce masque lumineux qui réchauffe le coeur. Avec cette luminosité, même le laid devient séduisant. Les jeux d'ombres fournissent un théâtre permanent ; sortir de l'ombre monumentale d'un building donne lieu à un éblouissement total, dès que l'on se
retrouve noyé de soleil.Je lève la tête et ferme les yeux : je respire, tentant d'identifier les multiples odeurs qui me saisissent. Je n'y arrive pas. Si Proust avait vécu à Shanghai, il serait devenu fou car la ville est pleine de madeleines. Ici, l'odeur du feu de bois me rappelle l'ambiance estivale des grillades et barbecues sur les plages du Sud. Là, l'odeur de nourriture en train de griller dans les woks me rappelle que je suis en Chine. Alors bien sûr, toutes ces bonnes choses, selon l'ordre inéluctable de la société humaine, finissent en excréments et détritus divers, eux-mêmes odorants.
Et la chaleur ne fait pas de sélection : elle amplifie toutes les odeurs, toutes !Donc c'est vrai, l'odeur nauséabonde des ordures est parfois gênante, les fruits et légumes qui dorent au soleil projettent des effluves qui peuvent soulever le coeur, sans compter le tofu-qui-pue qui frétille, les canards laqués pendus en vitrine, les poissoneries à l'air libre, les lavandières qui frottent leur linge au milieu des gens et des voitures. Shanghai, c'est une activité non stop, à tous les niveaux, et il s'opère une synesthésie des plus étonnantes dès que l'on met un pied dehors. Et moi ça me donne envie de prendre des photos !
Alors voilà, le soleil brille, les oiseaux chantent -
dans certains endroits - et la température clémente redonne à Shanghai ce côté plaisant et agréable, au quotidien. Il suffit alors de connaître les bons coins, la petite rue où aller, le café avec terrasse où squatter, le parc où errer. Et il est impossible, à ce moment-là, de ne pas aimer Shanghai - ou alors c'est qu'on n'aime pas la Chine ! Mais ça, c'est un autre problème...Histoire de vous donner un petit aperçu de ce qui a suscité cet article, je vous offre ici quelques photos de Taikang lu - petite rue avec des "lanes" à visiter absolument par ce temps superbe - ainsi que d'autres clichés pris dans Shanghai, un peu partout, parce qu'il n'y a pas de raison de ne pas mettre en ligne des photos de ce que je vois tous les jours.
Welcome in a lovely sunny Shanghai !!!





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