Monday, October 09, 2006

Days aren't the same these days aren't the same these...

Le réveil est toujours aussi dur. J'appréhende déjà, si je trouve un travail fixe et à plein temps, de devoir me lever tôt pour aller bosser. Je sais déjà que ça sera dur. Je dors encore deux bonnes heures avec mon téléphone portable sur le ventre, pour regarder l'heure régulièrement, à chacune de mes semi reprises de conscience. Il est 13h quand je mets enfin les pieds au sol. Je dois gérer mon programme de la journée. Tant que je n'ai pas des plans sûrs qui me rapportent un peu de kwais, je n epeux pas rester tranquille. J'appelle Severin pour savoir s'ils ont encore besoin d'un coup de main pour le jardin. Il ne sait pas trop mais comme c'est l'anniversaire de Julien, le dj, il ne pense pas que les travaux vont continuer. Il me rappelera plus tard quand il aura plus d'infos. Je raccroche.
Ai Li mange encore ses sempiternelles nouilles du musulman d'en-bas. Je ne sais pas comment elle fait. Pas pour manger toujours la même chose, si c'est bon c'est bon. Non, pour manger, tout simplement. Mon habitude de ne manger qu'un repas par jour, et certainement pas au lever, à la vie dure, même ici à Shanghai. Je suis plutôt chaud pour commencer ma journée. En attendant d'avoir des news, je prend ma guitare et gratte un peu. Ca fait du bien. Je n'ai pas tout oublier, heureusement. Comme Ai Li finit de regarder Leaving Las Vegas, je me pose dans la cuisine. Je joue doucement les chansons que j'avais composées pour ma chérie. Je suis en pleine crise de manque nostalgique. Je donnerais cher pour t'avoir dans mes bras, mon chaton. Je ne peux m'empêcher de verser quelques larmes, malgré moi, tout en grattant les cordes. Je suis content d'être ici, à Shanghai, là où enfin j'ai l'impression de faire quelque chose de ma vie, mais c'est tellement dur d'ête loin de celle que j'aime. Allez.... Pffff ! Je tiendrai le coup, nous tiendrons le coup mon amour ! Je souris, la gorge serrée.
Le téléphone sonne. C'est Yvonne (ou Evonne, comme elle l'écrit elle-même ^^) qui me propose de la rejoindre dans l'atelier d'un de ses amis artistes. Ca me tente bien mais je voudrais savoir ce que font les autres d'abord. Elle me rappellera plus tard. Entre temps, je suis invité à passer à la maison d'Hector pour fêter l'annif de Julien. Je saute dans un taxi. Je me ballade dans Shanghai comme si j'y avais toujours vécu. C'est génial.
Lorsque j'arrive, il y a pas mal de monde. Je les connais déjà presque tous et j'en rencontre d'autres. Comme Blaise, dont je fais enfin la connaissance, depuis le temps que Yo m'en avait parlé. Il mixe du reggae/ragga. On discute musique et on envisage des soirées.
L'après-midi se passe tranquillement, on boit de la bière et du punch, en quantité modérée pour ma part. J'ai toujours du mal à me remettre du week-end d'avant mon départ. Bande de salauds va ! On joue au Jungle Speed, un jeu de cartes assez marrant qui demande observation et rapidité. C'est pas évident. Je gagne quand même une partie, allez savoir comment. On rigole bien. On lance quelques fléchettes pendant que d'autres se mettent sur la gueule à SoulCalibur, puis l'après-midi tire vers sa fin. Alors que le soleil se couche, on s'organise pour le repas. Je pars avec Severin pour passer chez lui récupérer un pote et on file dans un resto taiwanais. On commande encore plein de trucs, il n'y a plus de place sur la table. C'est trop bien ! Le groupe a pourtant diminué. Quand on sort du resto, nous ne sommes plus que quatre : Severin et son pote Adrien, Julien - sa copine Marie nous lâche lamentablement. Bon, ok, elle bosse le lendemain. Mais quand même ?!? ^^
Nous sautons dans un taxi, direction l'appartement d'Alex, une copine anglaise aux gens avec qui je suis, qui nous demande d'acheter du lait pour faire à manger. dans la simplicité des choses engendrées par la langue, on achète du yoghourt à boire, et non du lait. Facétie de la vie quand on vit à Shanghai. Arrivé à l'appart, je retrouve Clayton et son copain Matt ; un des français que j'avais croisé à la sortie du Tong Hui ; Sophie, une anglaise qui bosse pour SH, un journal local - celui dont Vincent m'avat déjà parlé la veille. Je récupère sa carte pour lui envoyer un mail avec mon cv. Elle va essayer de me pistonner. On verra bien.
La soirée continue dans la bonne humeur et la langue anglaise, même si nous sommes plusieurs français. Il faut bien inclure tout le monde dans les conversations. Il y a, dans la pièce, des français de diverses régions, des américains, des anglais, une bulgare, une afro-américaine... Le melting-pot qui façonne toutes les soirées à Shanghai.
Vers minuit, nous nous séparons. Séverin et son pote partent pour le Bar Rouge. Non merci, je connais ! Et je n'ai pas assez de sous pour jouer à l'expat flambeur. De plus, je dois voir Maxime, le manager du Logo, pour parler soirées. Julien m'accompagne : Arnaud doit y jouer aussi vers minuit. Nous partageons un taxi, direction Fa Hua Zhen Lu, Xingfu Lu - la première adresse que j'ai jamais apprise en Chine, puisque c'est là où Ai Li et Alex habitaient l'année dernière.
Nous trouvons Maxime qui me présente immédiatement à Antony, un grand black antillais qui bossent sur Shanghai mais faisait aussi un peu de son, en France, dans des sounds-systems. Nous nous entendons direct et commençons à envisager d'organiser une soirée reggae/dancehall régulièrement. Maxime est open. Le bar est presque vide. Il leur manque de bonnes soirée organisées et, surtout, de la com'. En distribuant quelques flyers dans les endroits un peu branchés et festifs de Shanghai, en faisant quelques affiches, on doit pouvoir drainer du monde. Va falloir se mettre au travail. En attendant je m'excuse et file à l'appart d'Ai Li pour poser mon sac et récupérer mon didje : des gens voudraient voir la bête et il y a peut-être moyen de jouer. Ce n'est pas très loin et je fais l'aller-retour assez rapidement.
Lorsque j'entre avec Collector, les gens sont quand même impressionnés. Il est beau, il est grand, il sent bon le sable brûlant.... Oups, désolé, je m'égare. Arnaud est en train de mixer. Ca cafouille un petit peu au début parce qu'il y a un problème avec les cds mais ça le fait quand même. Je lui montre le didje, il lève le pouce, on branche le micro. C'est parti ! Je joue pendant une bonne heure en essayant de m'adapter au programme varié qu'il passe. Il faut dire qu'à des moments, sur des morceaux de rock, le didje ne passe pas spécialement bien. J'en profite pour siroter ma Corona. Les chinois dans le bar sont assez surpris par l'instrument et le son qu'il produit. En tout cas, ça à l'air de leur plaire.
Finalement, Arnaud cède sa place à Maxime et à un autre dj que je ne connais pas. C'est du son plus house, plus club... le didje passe nickel. Le micro n'est pas spécialement fait pour un tel son mais ça envoie quand même. J'ai les lèvres qui faiblissent mais la vibration est trop forte pour que je m'arrête comme ça. Je bois quelques verres d'eau, reprends mon souffle et continue encore, le temps de quelques morceaux. Ensuite, je pose le didje et prends une percu. Didje et house, percus et house... Ca passe toujours aussi bien et ça donne des idées pour mettre l'ambiance pendant des soirées. Maxime à l'air content, le patron chinois à l'air content, moi je suis ravi. Je suis en Chine depuis moins d'une semaine et je suis déjà en train de jouer dans un bar. certes, pour ce soir, c'est un peu à l'arrache et c'est pour la gloire. Mais au moins je montre un peu ce qu'on peut faire avec un didje et l'idée séduit le public.
Le bar est quasiment vide à l'exception des musiciens, de leurs amis et du staff. Mais la musique continue toujours, inexorablement. Ca fait plaisir. Vers 3 ou 4h du mat', je fais la connaissance de Myles, un white guy sud-américain qui me demande direct combien je prends pour jouer du didje en soirée. Je suis surpris par la question. Même si j'y avais pensé, je n'avais pas encore établi de tarif. Je lui donne une fourchette, en fonction de l'endroit et du type de soirée, de 800 à 1.200 kwais. "1.500 if it's a big party goin'on !" je rajoute en plaisantant. Le prix n'a pas l'air de le surprendre. Il me dit qu'il est Music Consultant et qu'il organise des soirées pour des boîtes et des company. Ce matin encore, il était en plein brainstorming pour trouver une idée un peu neuve à présenter à sa team. Il me montre le didje du doigt en me disant : "Here's the news." J'acquiesce. Anytime, anywhere. Je suis toujours prêt. Je prends sa carte et lui donne mon numéro. Il faut vraiment que je passe faire la mienne pour pouvoir la tendre à mon tour, ça fait plus professionnel quand même. Surtout ici. Je joue encore un peu, pour lui donner une idée du son de la bête. Avec des percus, ça passerait nickel. Il m'annonce que les percussionnistes sont payés 1.500 kwais pour la soirée, alors il faut voir pour le didje. Mais il est persuadé que c'est une telle nouveauté qu'il cherchait et il a hâte d'annoncer à ses collègues qu'il a trouvé un didje player à Shanghai. Mon français s'anglicise de plus en plus à mesure que les choses s'accélèrent ici. Je le supporte. Je suis parfois perdu. Je ne sais plus quelle langue parler quand j'arrive devant quelqu'un, et ça m'est arrivé de parler pendant dix minutes en anglais avec un français - il faut dire que nous avions tous deux un bon accent ^^. Au moins je n'ai plus à parler en anglais à la police ferroviaire cannoise...
Lorsque je sors du bar, il est presque 6h, le jour se lève et la rue est déjà bien agitée. Les restaurants ont une cuisine qui a l'air de tourner en 24/7 et c'est le paradis des gens qui ont faim, pour de multiples raisons. Ca change de la Côte et de la galère pour trouver un kebab ou un petit sandwich à se mettre sous la dent au milieu de la nuit, voire à la fin. Ici, c'est non-stop living, non-stop eating - non-stop fucking aussi, pour les célibataires à tendance perverse, dont je ne fais, bien sûr, pas partie. Et je ne dis pas ça que parce que ma chérie va lire ces lignes. Je ne suis pas en Chine pour une certaine forme de tourisme. J'ai tant de choses à faire que j'ai du ranger ma libido dans le placard à breloques en attendant d'en avoir une vraie utilité. I'm a fucking artist, not an artist fucking !
Je lis quelques lignes avant de me coucher, la chaleur commence à gagner l'appartement. Il est temps de dormir avant qu'elle ne m'en empêche.
Le jour se lève sur Shanghai...

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