13h30, je monte dans un taxi, direction Henshang Lu. La maison d'Hector est sympa, un peu roots - cette précision, récurrente dans mes textes, signifie que Delphine ne pourrait pas y vivre, pour tout vous expliquer. Elle est située au bout d'une petite allée et semble bien tranquille au milieu de la ville. Le coin jardin est agréable bien qu'en bordel.
C'est pour ça qu'on y travaille. Les chinois entretiennent sinon peu, du moins pas du tout leur habitation, et encore moins leur jardin. On passe l'après-midi à retourner la terre, enlever des pierres, disposer des briques sur une partie de la terrasse et discuter. Je rencontre également Clayton, un américain de l'Ohio que je soupçonne d'être homo, mais super sympa - comme quoi l'un n'empêche pas l'autre ! Nous sommes six ou sept à bosser sur le jardin, l'ambiance est détendue. Je joue un peu de didje, par intermittence, histoire de motiver les foules. Ca plaît bien. A la fin de l'après-midi, les briques sont posées, le jardin à peu près trié et les bières fraîches ouvertes. Je continue de jouer du didje.
C'est pour ça qu'on y travaille. Les chinois entretiennent sinon peu, du moins pas du tout leur habitation, et encore moins leur jardin. On passe l'après-midi à retourner la terre, enlever des pierres, disposer des briques sur une partie de la terrasse et discuter. Je rencontre également Clayton, un américain de l'Ohio que je soupçonne d'être homo, mais super sympa - comme quoi l'un n'empêche pas l'autre ! Nous sommes six ou sept à bosser sur le jardin, l'ambiance est détendue. Je joue un peu de didje, par intermittence, histoire de motiver les foules. Ca plaît bien. A la fin de l'après-midi, les briques sont posées, le jardin à peu près trié et les bières fraîches ouvertes. Je continue de jouer du didje.
Une fois les travaux déclarés finis, on rentre dans la maison et s'organise un tournoi de SoulCalibur sur une Dreamcast piratée reliée à un rétroprojecteur Epson. C'est terrible ! Je discute avec Hector et Severin des possibilités de jouer un peu de zik dans des bars ou des night clubs. Ils pensent pouvoir me faire produire, surtout que les chinois ne connaissent pas le didje. Le matin même, en venant, je me suis fait accoster trois fois par des chinois désireux de savoir ce que j'avais sur l'épaule. "Zhe ge ? (ceci) Music !" et comme une démonstration vaut mieux qu'un long discours, surtout quand on ne parle pas (encore) la langue, je fais vibrer la bête. Ca les surprend et ils me regardent en souriant. J'adore ce sourir. On ne sait pas toujours ce qu'il signifie mais ça fait toujours plaisir de voir des gens souriants.
Un peu plus tard, Hector, dit aussi Nectar, lance un peu de son et se mets à rapper, en se démerdant pas trop mal. Je me lance aussi et rebondis façon ragga style. Ca passe bien. "On devrait enregistrer" me dit-il "On a un pote qui a un studio". J'aquiesce. Je lui dis aussi qu'on pourrait chanter en soirée avec des gens qui mixent. Ca le branche aussi, on va étudier l'affaire.
Yo m'appelle et me propose de venir manger chez lui, sa copine Lou a invité des potes. J'ai du mal à partir de la maison parce que l'on chante, mais aussi car Clayton s'est lancé dans un poème slammé en anglais et qu'il ne s'arrête plus. Il est tout bourré mais son texte est pas mal et il assure aussi. La représentation finie, je pars rejoindre Yo et continue à pieds, direction Fuxing Lu. L'appart est clean, la musique sympa, les gens cools. Je fais la connaissance d'un couple de suisses dont le mari est dj - one more ! - et d'une chinoise qui parle un peu anglais et qui travaillent avec des artistes. J'embraye directement sur l'association Résocréa (www.résocréa.org) et lui dit que ça m'intéresserait de rencontrer des artistes chinois. Je rencontre également une autre suisse dont le copain s'avère être celui qui a un studio et dont Hector m'avait parlé. A Shanghai, vous n'avez pas que des connexions : vous avez des inter-connexions.
Lou est bonne cuisinière et j'apprécie grandement mon premier repas de la journée. On boit du
vin rouge chinois et du Moutai, un alcool chinois à 53% qui arrache la gueule. On parle musique, vie à Shanghai, voyages et cultures. Un peu toujours les mêmes sujets impossibles à épuiser et sans cesse enrichis par de nouveaux interlocuteurs. Ca me plait. De plus en plus.
vin rouge chinois et du Moutai, un alcool chinois à 53% qui arrache la gueule. On parle musique, vie à Shanghai, voyages et cultures. Un peu toujours les mêmes sujets impossibles à épuiser et sans cesse enrichis par de nouveaux interlocuteurs. Ca me plait. De plus en plus.Nous sortons, après le repas, au Tong Hui, un bar sur 4 étages où Yo est déjà venu mixer. Il y a bonne ambiance et un sacré paquet d'expats. On se hoche la tête mutuellement quand on se croise au bar et on échange quelques politesses. C'est toujours agréable. Yvonne (la chinoise qui bosse dans l'art, et dont le nom occidental est, comme nombre de chinois, ridicule) me montre un livre sur des artistes, de Beijing, en me faisant un topo sur chaque peintre et en m'indiquant le titre des tableaux représentés. C'est super intéressant et elle a l'air de connaître du monde. On s'échange nos numéros et me dit qu'elle me pourrait me présenter à des amis artistes. Ca tombe bien, c'est ce que je cherche à faire.
Comme j'ai toujours mon didje avec moi et qu'on me demande pourquoi je n'en joue pas, je décide d'aller négocier avec le dj pour mettre du son dans le micro. Il hésite, veut p
as trop, me conseille d'en parler au manager. Il a pas envie que je lui "vole" sa musique, mouais. C'est ce que me confirme une française Gaelle, designer, qui râle aussi pour que je joue. Elle avait un didjeridoo en France aussi. Finalement, je croise les managers, l'américain et le chinois, Michael et Ben (le chinois ^^). J'explique le deal, ils sont open, on tente le coup mais le micro est mal réglé : on n'entend pas grand-chose. On discute de nouveau et Michael me tend sa carte et me dit de l'appeler dans la semaine pour qu'on organise ça tout bien. Il a moins de 30 ans, sa mère joue du didje et l'idée lui plaît : ça devrait le faire. Pendant que j'y suis, je récupère aussi le numéro de Ben. Ca peut toujours servir.
as trop, me conseille d'en parler au manager. Il a pas envie que je lui "vole" sa musique, mouais. C'est ce que me confirme une française Gaelle, designer, qui râle aussi pour que je joue. Elle avait un didjeridoo en France aussi. Finalement, je croise les managers, l'américain et le chinois, Michael et Ben (le chinois ^^). J'explique le deal, ils sont open, on tente le coup mais le micro est mal réglé : on n'entend pas grand-chose. On discute de nouveau et Michael me tend sa carte et me dit de l'appeler dans la semaine pour qu'on organise ça tout bien. Il a moins de 30 ans, sa mère joue du didje et l'idée lui plaît : ça devrait le faire. Pendant que j'y suis, je récupère aussi le numéro de Ben. Ca peut toujours servir.
Je reprends mon didje, satisfait malgré tout, et m'en vais siroter ma vodka redbull avec Yo et Lou. On croise "Coco", un homo chinois assez folle qui parle un peu français. Le didje l'intrigue, comme beaucoup autour de nous. Je souffle un peu, sans rien entendre, juste le temps de quelques photos. C'est marrant.Je sors en même temps que Yo et Lou qui rentrent se coucher. A la sortie, nous croisons d'autres potes français et américains de Yo, et je reste avec le groupe en laissant les amoureux partir. Les gars sont cools et je ne me rappelle plus de leurs noms. Je retrouve également Clayton, encore bourré, et on squatte dans la rue, à côté du bar. Une voiture de police arrive pour faire la sortie parce qu'apparemment les voisins se plaignent du bruit. On vient nous voir deux ou trois fois pour nous dire de faire moins de bruit, enfin leur dire, parce que moi je déguste en silence une brochette d'agneau (j'espère) achetée à un vendeur sur le trottoir. Je discute quand même, toujours curieux de savoir ce que les gens font à Shanghai. La plupart sont d'humeur festive et me répondent vaguement. Juste avant de les laisser, je discute un peu plus avec Vincent, un des français, qui me demandent pour combien de temps je suis à Shanghai. "Tout dépend, si tous les projets que je veux mener aboutissent, je suis là pour un bout de temps.
- C'est quoi tes projets ?
- Musique, rencontrer des artistes, écrire des articles. J'écris déjà pour un magazine franco-japonais.
- Tu saurais écrire en anglais ?
- Oui, bien sûr, sans problème. Pourquoi ?
Je prends son numéro et promets de l'appeler au moment où il monte dans le taxi avant que les autres ne se barrent sans lui. Voilà, à peu de choses près, la discussion de ces trois minutes avant de rentrer. Voilà toute la magie de Shanghai et ce pour quoi je suis venu : le contact. Vous croisez des gens, vous discutez, vous vous entendez, vous imaginez, vous échangez des numéros... Vous n'êtes jamais certains d'aboutir à quelque chose de concret, il faut se bouger le cul pour faire avancer les choses, certes... Mais comme partout. Ici, l'avantage, c'est qu'en étant un tant soit peu sociable, ouvert et plein d'idées, vous pouvez rencontrer plein de gens et envisager plein de choses, parce que tout le monde baigne dans un courant, dans un torrent d'activités et que ce bouillonement incessant permet d'imaginer, de rêver, de croire, au bout du compte, que tout est possible. Lorsque j'ai acheté mon cellulaire, j'avais trois numéros à y rentrer : Ai Li, Alex et le fixe d'Alex. Quelques jours plus tard, j'en ai 15. C'est ça Shanghai !
Je saute dans un taxi, il est temps de dormir. Il est presque 3h.


No comments:
Post a Comment