Thursday, October 05, 2006

Next Stage : l'arrivée à Shanghai

L'arrivée à Shanghai est toujours impressionante. Les chinois des douanes ou des bureaux administratifs m'étonnent à chaque fois par leur politesse frigide. On a beau être souriant et aimable, dire bonjour et merci en chinois, pas un mot, pas un geste... Le ton peut calmer. Pour moi, c'est un défi. Ne pas se laisser déstabiliser. Je reste sympa. Je récupère ma valise et y fourre mon fardeau en plastique. J'inspecte le carton de mon didjeridoo : pas de choc apparent. Je suis soulagé. Mon emballage a tenu. Je passe les douanes sous des yeux intrigués par ce que je transporte. J'arrive dans le hall et me glisse dans la haie de chinois venus attendre les visiteurs. Je n'attends personne et je sais que personne ne m'attends, mais je peux m'empêcher de lire les pancartes tendues vers moi avec frénésie. "Non, désolé, bu shi Mr Edgard." Je me mets ensuite en quête d'une cabine téléphonique. Le hall est grand et les téléphones non indiqués - ou alors juste en chinois. Je me promène et les découvre finalement. Mais je suis perdu : j'ai le choix entre une cabine high-tech, sans bouton mais avec un écran tactile, ou bien une cabine traditionnelle avec toutes les informations en chinois. Je tente la high-tech. Pour le fun, j'introduis une carte France Telecom. Ca ne marche pas. Je suis soulagé : les choses que j'étais certain de ne pas voir fonctionner en Chine ne fonctionnent effectivement pas. Je garde pied ! Je tente ensuite avec ma visa Premier toute neuve, confiant du résultat : ça ne marche pas non plus. Panique. Je passe aux vieux modèles, mais ne réussis pas plus. Problème. Au bout de quelques minutes, voyant mes allers et venues inter-cabines, un chinois un peu initié aux rudiments de l'anglais m'indiquent que je peux utiliser celles avec des coins - mais elles sont rares. Heureusement que j'ai gardé des pièces de mon dernier séjour. Je dégaine mon yuan et le glisse dans la fente. Ca marche ! Je compose le numéro d'Elo : elle répond. Ni hao ! On se donne rendez-vous dans une heure. Tout va bien. Je sors de l'aéroport et décide de prendre un taxi. Le Maglev (le train qui fonce à 430 km/h) coûte 75 kwais, mais je devrai prendre un taxi de toute manière pour finir le trajet. Autant le prendre dès le départ. Je m'avance vers un employé qui a l'air chargé de gérer les taxis. Voyant le carton de mon didje, il m'appelle un taxi mini-van. "Same price, same price !" répète-t-il. Je pense à Matt, il serait content ici, les gens répètent tout. Le chauffeur charge mon bordel et je demande à m'installer devant. Je n'aime pas être derrière si je suis tout seul. Et on part.
J'aimerais bien discuter de plein de choses ; la langue est une barrière. Certes, je masterise des formules toutes faites, du style "je suis français" et "la Chine est grande, le Japon petit" mais allez tenir une discussion pendant 40 bornes avec ça... Malgré tout, je connais quelques mots utiles et je sais super bien imiter des choses avec mes mains alors j'arrive à échanger quelqes idées, dans la langue du pays. Et je suis content, j'arrive à comprendre des mots quand il me parle, j'en reconnais d'autres sans les comprendre. Je garde l'oreille affûtée et je l'aiguise tous les jours. Ca fait mal.
Le trajet est un peu long mais ça fait du bien d'être en Chine. Les alentours de Shanghai, pauvres et industriels, le soleil couchant qui perce à travers le lac de pollution, la conduite épique et sonore qui fait vibrer les routes... Pas de doute, je suis bien arrivé.

Lorsque les premières rues de Shanghai apparaissent, je suis aux anges : le bordel des vélos et scooters est un théâtre permanent. Je retrouve cette odeur des rues de Shanghai, ou plutôt ces odeurs. Je n'étais venu que quinze jours mais cette ambiance olfactive si particulière me saute aux yeux, en passant par le nez. Un peu comme à Tahiti, où l'odeur des fleurs vous emplit les narines dès la sortie de l'avion, on reconnaît de suite Shanghai à l'odeur de.... Shanghai.
Je reconnais des rues, me rappelle quelques lieux et je parviens même à m'orienter en même temps que le chauffeur. On gagne Xu Jia Hui et son carrefour énorme. Fa Hua Zhen Lu n'est pas loin, je le sais. Je le dis au chauffeur, il acquiesce avec un grand sourire. "Ca t'fait p'têt rire, mon gârs, mais moi chuis content !" Je me suis tapé ce quartier-là à pieds suffisamment pour reconnaître les enseignes des magasins et l'entrée du métro ! On tourne à gauche, puis à droite... Je sens qu'on s'approche. Puis j'aperçois, assise à fumer une Zhong Nan hai, Elodie, sinommée* Ai Li, à qui je lance un joyeux "Ni hao !" Le taxi s'arrête. Le chauffeur descend mon bordel pendant que je salue Ai Li. Je règle la course, en laissant même 4 kwais en tips. Bon prince... En même temps, je viens d'arriver, j'ai le droit de flamber, non ? Dans les mois qui viennent, ce sont eux qui vont essayer de me faire dépenser des sous et il faudra que je sois fort ! Alors dans l'immédiat, c'est la fête. Je suis en Chine, j'ai retrouvé Ai Li, je vais pouvoir poser mes bagages, au moins un moment. Je prends une grande inspiration, histoire de revérifier : aucun doute, c'est la Chine !
*sinommer : néologisme, comme ça, d'un coup, qui signifie renommer version chinoise.

1 comment:

Didjelirium said...

hé hé merci les gars ! T'inquiète mec, moi et mes camarades imaginaires on est bien décidé à ne pas se laisser faire... Un jour je comprendrai, promis !
Et n'oubliez pas de réserver vos billets pour le début d'année ^^
Qui veut venir faire le nouvel an chinois à Shanghai, qui ???