Tuesday, October 10, 2006

Motivés ! Motivés ! Soyons motivés...

J'ai décidé, pour l'instant de ralentir le rythme. Non pas que je sois déjà fatigué, loin de là, mais justement je dois réussir à tempérer mon excitation. Il se passe beaucoup de choses, je rencontre beaucoup de gens, on prévoit beaucoup de trucs... Bref, je dois souffler et assimiler tout ça. Je suis comme un grand tube digestif ingérant une multitude d'éléments à la fois : certes j'ai de la place pour tout digérer, encore faut-il que je fasse descendre les aliments le long de mon oesophage. C'est ça. J'ai besoin d'avaler ma salive et de faire le point sur ce qu'il se passe pour le moment.
Je reste une bonne partie de l'après-midi à squatter l'appart d'Ai Li et une connexion internet dont le wifi n'est pas sécurisé. Merci, merci... même ici il y a moyen de choper un peu internet. Disons que ça permets de prendre le temps de se renseigner pour venir faire installer la ligne à l'appartement. Ai Li est moyennement motivée - surtout parce qu'elle pense que c'est délicat à faire - mais moi je ne peux pas vivre sans internet. C'est mon pacemaker à moi. Sans internet, mon coeur doit survivre en autonomie et il ne survivra pas longtemps. Je dois pouvoir envoyer mes articles par mail, chercher du taf et des trucs sur le net, faire de la com' pour nos soirées sur les boites mails et msn et, surtout, pouvoir dire à ma chérie que je ne cesse jamais de penser à elle. Si, si, si... Je vois déjà ceux qui sourient en se disant : "Pfff, le type qui dit ça alors qu'il est dans la ville à plus haute concentration de salons de massage !" Oui, peut-être, n'empêche que j'ai dit que je refoulais ma libido, et c'est bien ce que je fais. C'est l'avantage d'être d'une nature artiste : du moment que je crée quelque chose, de la musique, des articles, quoique ce soit, je maintiens mon esprit assez concentré pour éviter de penser au sexe. Et oui, je paraîtrai peut-être néanderthalien aux chastes natures qui passeront sur ce blog, n'empêche que c'est une donnée importante à prendre en compte, le sexe. Ah ah ! Je vois que ce mot vous gêne ! Sexe, sexe, sexe, sexe, sexe... Bon allez, j'arrête là, je vais finir par fissurer ma carapace libidineuse.
Je continue de motiver les troupes pour organiser des soirées reggae/ragga. Apparement, sur Shanghai, on peut faire des soirées de tous les genres, on peut écouter du hip-hop ou du flamenco et espérer entendre un ou deux morceaux de dancehall, si l'on a de la chance, dans un des nombreux clubs de la ville, mais il n'y a pas vraiment de sound systems organisés dans cette petite ville de presque 20 millions d'habitants - mais les chiffres sont flous. Yo est dur à motiver, sans doute parce qu'il s'est fait virer de son job et qu'il ne sait pas s'il va rentrer en France ou non. Je peux le comprendre. N'empêche ce n'est pas une raison pour se démotiver quand il s'agit de faire de la musique. Je pousse tout le monde pour qu'on s'organise sérieusement et du coup les choses commencent quand même à avancer.
Nous avons eu une longue réunion au Logo bar avec Blaise (a.k.a. Dj Deville), Yo et Max, le manager du bar, pour essayer de s'entendre sur un jour et sur le type de soirée. Il y a moyen de faire beaucoup de choses, on peut facilement s'arranger, on devra fixer un tarif, bien évidemment, et comme le bar reprend ses activités et qu'il faut relancer les choses, on ne s'attenda pas à gagner le jackpot avec la première soirée. Mais bon, il faut bien lancer le mouvement ! Je passe une nuit de plus, quasiment, au Logo et j'en sors presque au petit matin. C'est sympa Shanghai au petit matin, avec ses rues moins remplies, ses ordures non encore ramassées et ses gens mi-travailleurs mi-zombies qui errent sans trop savoir pourquoi. C'est une ambiance assez sympa, et je commence à bien m'y habituer. Je rentre à pieds, j'ai le temps de profiter du n'importe quoi ambiant et de l'exotisme singulier qui émane de cette ville.
Le lendemain, je me réveille à midi pile, par la force des choses et de mon réveil. J'appelle Blaise immédiatement, on se donne rendez-vous à 13h. Je l'accompagne à Xu Jia Hui pour acheter un disque dur externe. Toute la difficulté, après celle de se réveiller d'une nuit trop courte, est de se motiver pour la négociation à venir. En Chine, on a deux solutions pour aller acheter des choses : ou bien l'on est un expat à la richesse conséquente et on se contente du premier prix proposé par les vendeurs, sans chercher à le discuter - et en tant que blanc, il sera toujours plus élevé que ce que paierait un chinois, normal. Ou bien on se prépare psychologiquement à un affrontement numéraire par calculette interposé. Moi j'aime bien, c'est un peu comme un jeu, mais en vrai. "Oui, non, trop cher, hen gui, ok, ok, pfffff, bu shi, bu shi, oui... Allez on se casse !" Voilà donnée, de manière condensée, l'étendue d'une conversation normale, qu'il va falloir répéter autant de fois que nécessaire avant d'obtenir gain de cause et d'effet.
Mais aujourd'hui on a de la chance, le vendeur sur lequel nous tombons en tout premier, dans la toute première vitrine, est assez sympathique et ouvert à la négoce. Bon, certes, nous lui disons au revoir au moins trois fois avant qu'il n'accepte de descendre son prix encore une fois, mais nous arrivons à gagner une discount de 30% du prix d'origine, ce qui n'est pas si mal étant donné l'objet acheté, l'endroit où nous l'achetons et notre chinois approximatif. En même temps, pour faire du commerce, vous n'avez besoin de connaître que les chiffres. Après, les mots qui viennent entre, vous pourriez les dire en français, anglais, tahitien ou bèrbère oriental à tendance négationniste que vous arriveriez toujours à vous entendre sur le prix...ou pas. Bref, alors que nous avions prévu deux bonnes heures devant nous pour faire nos achats, nous bouclons l'affaire en moins de 45 minutes. C'est toujours ça de pris.
Sur le chemin du retour, nous passons au resto musulman acheter deux plats, pour 16 kwais, et nous rentrons chez Blaise, libérer son premier disque dur de son surpoids informatisé. Toute l'après-midi nous discutons musique, envisageons les possibilités de mix et les nécessités d'organisation. Je rédige une petite biographie de mon parcours artistique, juste histoire de me présenter en tant que chanteur, afin de donner tout ça aux éventuels managers de lieux festifs. Le crew Uprooted Sunshine reprend du service, enrichi par ma présence -*kof kof kof*, toux significative du gars présomptueux et mégalo - et j'espère vraiment que nous allons pouvoir en faire quelque chose de sérieux. Jouer du didje est une autre activité : là, je participe en tant que chanteur, Mc Didje singin' up the vibes on the selecta's music !
Je rentre chez Ai Li à la nuit tombé, bien décidé à ne pas ressortir cette fois-ci. Une petite soirée paisible, ça peut pas faire de mal !
Je squatte encore internet, fougueusement, passionnément, *insérer un synonyme*-ment...

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