Wednesday, October 04, 2006

First stage : le départ !

Parce que l'histoire d'une arrivée est avant tout la conséquence d'un départ, je me dois de commencer le récit de mes aventures par le tout début.
Partir de l'appartement de Delphine était la première étape, et pas la moins difficile. Quand on tient sa chérie dans ses bras et qu'on sait qu'on ne la reverra plus avant quelques mois, on ne veut la lâcher pour rien au monde. Et pourtant il le fallait.... Heureusement, le temps était à la parisienne et la pluie lavait des larmes que je ne cherchais pas à cacher. Les visages défilaient, les lieux s'animaient et tous ces inconnus que je ne recroiserais jamais déambulaient comme les ombres mystérieuses du changement de ma vie.
Après le brouhaha de Châtelet, le rer B, agréablement vide, filait du mauvais coton et vers l'aéroport Charles de Gaulle - un autre de mes illustres homonymes, mais ça n'a aucune incidence. Derrière les vitres, la banlieue parisienne, le décor français... J'avais l'impression d'être sur les rails de ma vie, chaque arrêt aux stations était une invitation à me souvenir. Et je me souvenais...
Je pensais à vous tous, mes amis, mon amour, et malgré moi des larmes inondaient mon sourire. Non, je n'étais pas triste, non je ne souffrais pas. C'était juste le manque qui se faisait sentir, cet horrible manque qui me surprend toujours au moment où je l'attends le moins, comme si on me mettait un sac plastique sur la tête et qu'on m'abandonnait. L'abandon... Non, je n'abandonne personne, et surtout pas ma chérie. Je me déplace, tout simplement, je dérive. Mon esprit le fait sans cesse, pourquoi mon corps ne le ferait-il pas ?

J'arrive à l'aéroport baigné d'obscurité. Ambiance intimiste, lumière irréelle. Je suis dans un film de Lynch. "Un problème électrique" m'explique une hôtesse malgache dont la vue fatigue. Je plaisante avec elle. J'essaie de la détendre, de lui changer les idées, de lui faire oublier que le compteur indique 9 kilos d'excédents... Rien n'y fait ! Déterminé, je récupère ma valise, refusant de payer les quelques 320 € qu'elle me réclame, et je commence à sortir mes habits pour m'en équiper. J'entame la superposition d'un short sur mon pantalon quand elle me tend un sac plastique Air France et m'autorise à y déverser les kilos excédentaires de vêtements. Je m'exécute, libérant la soute de sept bons kilos et je réussis à enregister ma valise, piteusement vide, puis je repars avec ma guitare, mon sac à dos, mon sac en bandoulière et je jette sur mon épaule mon baluchon sponsorisé. Décidément, j'ai beau vouloir devenir sérieux, mon côté "roots" me colle à la peau comme la main sur la plaque électrique. Je m'en fous ! C'est l'aventure de toute manière !
Enfin, je file aux toilettes pour libérer encore du surpoids et je m'arrête au coin fumeur, où se trouvent également les cabines téléphoniques. La nicotine me soulage mais pas autant que d'avoir mon amour au bout du fil. Ca fait du bien de pouvoir s'entendre. Je me détends un peu et regarde l'heure d'embarquement sur mon billet....sauf que je ne l'ai plus ! Je fouille en panique mes poches, ma veste, mon sac : nada ! Je m'excuse auprès de Delphine, raccroche et fonce aux toilettes. Rien par terre. La détresse sur mon visage doit être évidente car un japonais me fait signe de la main, agitant un billet d'avion. Je souffle. C'est le mien. Il me le rend, non sans avoir, au préalable, vérifié mon passeport - précautionneux le type ! - et je le remercie, lui dit qu'il vient de me sauver la vie, avec mon japonais hésitant d'amateur de mangas. Puis je me jette sur le téléphone pour entendre quelques mots d'amour qui achèvent de me libérer. Ma chérie, je t'aime plus que tout !
Je raccroche, à contre-coeur, et m'en vais m'asseoir devant la porte d'embarquement. Autour de moi, l'agitation. Un groupe de vieux anticipent leur voyage, des gamins braillent, une maman donne le sein à son bébé. Je pense à Nono. A ma gauche, un chinois lit un livre écrit en mandarin. Je ne comprends rien. Ca me plait. A ma droite, ce qui semble être un businessman trentenaire me demande le motif de mon départ. J'énonce mes projets et plus je les répète, plus je suis certain de ne pas m'être trompé : je veux aller en Chine. Le type me dit de me méfier, il sourit et précise : "Vous savez, la Chine, c'est pas l'Eldorado." Je soupire. Cette remarque m'insupporte de plus en plus, alors pour éviter d'être sarcastique, je sors mon passeport et lui tend. L'homme n'a pas l'air de comprendre, je lui explique donc avec plaisir : "Si j'avais voulu trouver l'Eldorado, j'aurais pris un billet pour les Etats-Unis et un passeport biométrique. Mais bon, tout va bien puisque je pars en Chine." Son silence est une réponse que j'apprécie. Il détourne la tête. Encore quelqu'un qui me déteste, c'est bien. C'est toujours ça de pris !

Satisfait, je mange un club sandwich à 5€ en regardant l'avion par la baie vitrée. La piste est humide mais je ne m'inquiète pas. Je sais qu'à bord je prendrai mes deux ou trois bouteilles de vin rouge et que l'ivresse m'ôtera toute angoisse, alors je suis bien. Je me rappelle le mois d'Avril et l'aller en first class. Ce ne sera pas la même chose cette fois : autre classe, autre durée du séjour, autre ambiance à bord et, surtout, pas ma chérie. C'est dur !
Mais ça va, l'avion n'est pas plein. Je peste contre l'hôtesse d'enregistrement qui m'avait affirmé le contraire, tout ça pour que je me tape un sac en plastique laissant apparaître mes fringues. Je m'en fous, l'embarquement commence et ça fait rire les gens de voir cette valise de misère. Les vieux rigolent, les chinois rigolent, le staff Air France s'inquiète... Moi je vais bien. Je rejoins ma place. On a un siège de libre entre moi et un turc allemand très sympathique avec qui je plaisante de suite. Le voyage s'annonce bien. Je prends ma plume et commence la rédaction de ce texte.

Je pense à vous tous. Ceux qui sont restés sur la Côte, ceux qui sont dans la capitale, ceux qui visitent la France, ceux qui voyagent, comme moi - même si c'est moins loin - ceux qui sont vraiment loin. Je pense à vous, mes amis. Le monde est vaste et pourtant si petit que dans quelques heures je serai à Shanghai... Je sais qu'on se reverra bientôt. Mon moral est bon. J'ai un peu moins de force parce que je suis loin de toi, mon amour, mais je sais que je tiendrai le coup. Après tout, les personnages qui vivent dans ma tête m'aideront à affronter les difficultés, et l'union fait la force. Je pars à la conquête de la Chine - qu'il ne faut pas confondre avec l'Eldorado - sur un plan artistique. Sans doute serai-je conquis avant elle. Alors je ne peux déçemment pas être confondu avec ces traders à la noix de muscade et autres contrôleurs de gestion qui envahissent le marché chinois ! ^^ Je ne viens pas en VIE ou en business man. Je viens en tant qu'artiste, rencontrer des artistes, faire de la musique, écrire mes articles et découvrir une autre culture. Une fois de plus et malgré les points communs, je m'efforce d'être atypique, inclassable, volatile - attention au H5N1 ! - et inexorablement différent des profils traditionnels. Et j'adore ça ! Que l'aventure commence !

Once I promised myself :
When China will wake up, i'll wake up in China !

-------> Les photos arrivent bientôt !!!!

3 comments:

Anonymous said...

salut charles, c'est christine (la grande) qui t'a connu tout petit, je me suis régalée avec ton blog, j'ai voyagé durant toute la lecture, je t'embrasse et irai je pense, souvent te rejoindre par net interposé,
bizz

Anonymous said...

bon, je galère, je ne comprends rien à rien, je voulais t'écrire trois mots, rien que trois mots, pour te dire que j'avais apprécié de lire ton blog, mais je me demande si tu liras un jour ce que j'ai écrit !!!

Anonymous said...

Encore elle, et pire, je suis heureuse de voir que mes messages sont passés, ouahhhhhhh, quelle progression, internet, e-mails, skype, ma parole, je deviens une pro,
je vais donner tes coordonnées à mika, (mon fils) tu t'en souviens ?? c'est devenu un homme d'affaires maitenant, de consultant, il est monté pour aujourd'hui avoir le poids de la boîte sur le dos, et surtout, responsable de millions d'euros de marché,
il vient de refuser un poste à new-york, j'enrage, il ne jure que par Paname,
j'ira souvent sur ton blog, je voyage en "virtuel" mes parcours autour du monde me manquent sévèrement, mais on ne peut pas être et avoir été,
par contre, j'ai du manquer un épisode, je pensais que tu étais parti avec Delphine, il va falloir que je revoie ma copie

bizzzzzzzous
christine